{"id":250,"date":"2026-09-09T09:00:00","date_gmt":"2026-09-09T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/?p=250"},"modified":"2026-09-09T09:00:00","modified_gmt":"2026-09-09T08:00:00","slug":"la-cuisson-raku-pas-a-pas-quand-le-feu-et-la-fumee-revelent-la-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/?p=250","title":{"rendered":"La cuisson raku pas \u00e0 pas : quand le feu et la fum\u00e9e r\u00e9v\u00e8lent la terre"},"content":{"rendered":"<h2>L&rsquo;alchimie du feu et de la fum\u00e9e sur la terre cuite<\/h2>\n<p>La cuisson raku ne se contente pas de transformer une pi\u00e8ce d\u00a0\u00bbargile en objet c\u00e9ramique. Elle organise une rencontre intense entre la terre, le feu, l\u00a0\u00bbair et la fum\u00e9e, au terme de laquelle aucune \u0153uvre ne ressemble tout \u00e0 fait \u00e0 une autre. N\u00e9e au Japon au XVIe si\u00e8cle, dans le contexte de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, cette technique s\u00a0\u00bbest construite autour de formes simples, d\u00a0\u00bbune fabrication directe et d\u00a0\u00bbune beaut\u00e9 volontairement imparfaite. Aujourd\u00a0\u00bbhui, elle trouve une r\u00e9sonance particuli\u00e8re dans les ateliers contemporains, y compris en Aquitaine, o\u00f9 les savoir-faire manuels s\u00a0\u00bbinscrivent dans un paysage de terre, de bois, de vignes et de villages attach\u00e9s \u00e0 la transmission des gestes.<\/p>\n<p>Le principe para\u00eet presque paradoxal. Le potier pr\u00e9pare soigneusement la terre, choisit une gla\u00e7ure, r\u00e8gle la temp\u00e9rature et observe la fusion de la surface. Puis, lorsque la pi\u00e8ce atteint environ 950 \u00e0 1050 \u00b0C, il l\u00a0\u00bbextrait du four, encore rougeoyante, pour la plonger dans la sciure et les v\u00e9g\u00e9taux secs. \u00c0 partir de cet instant, la ma\u00eetrise technique doit composer avec l\u00a0\u00bbimpr\u00e9visible. Les craquelures, les irisations, les traces de flamme et les zones noircies deviennent les signes visibles d\u00a0\u00bbun dialogue entre le savoir-faire et le hasard. Pour d\u00e9couvrir les diff\u00e9rentes \u00e9tapes et les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires, une ressource consacr\u00e9e \u00e0 la <a href=\"https:\/\/atelier-terre-et-bois.com\/2024\/10\/23\/le-raku-une-danse-entre-le-feu-et-largile\/\" target=\"_blank\">technique raku japonaise<\/a> offre un aper\u00e7u compl\u00e9mentaire de cette pratique singuli\u00e8re.<\/p>\n<h2>La terre chamott\u00e9e et le biscuitage pr\u00e9alable<\/h2>\n<p>Tout commence par le choix d\u00a0\u00bbune argile capable de supporter des \u00e9carts thermiques particuli\u00e8rement violents. Une terre ordinaire, trop fine ou trop sensible aux variations rapides de temp\u00e9rature, risque de se fissurer ou d\u00a0\u00bb\u00e9clater lors du d\u00e9fournement. La terre raku contient donc g\u00e9n\u00e9ralement une proportion importante de chamotte, c\u00a0\u00bbest-\u00e0-dire des grains d\u00a0\u00bbargile d\u00e9j\u00e0 cuite, broy\u00e9s puis incorpor\u00e9s \u00e0 la p\u00e2te. Cette structure granuleuse renforce la r\u00e9sistance aux chocs, limite le retrait et donne \u00e0 la pi\u00e8ce une texture qui participe souvent \u00e0 son caract\u00e8re visuel. Les terres sp\u00e9cialement formul\u00e9es pour le raku sont appr\u00e9ci\u00e9es pour leur faible retrait et leur bonne r\u00e9sistance au choc thermique.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce fa\u00e7onn\u00e9e doit ensuite s\u00e9cher lentement et de mani\u00e8re homog\u00e8ne avant de subir une premi\u00e8re cuisson, appel\u00e9e cuisson de d\u00e9gourdi ou biscuitage. Cette \u00e9tape se d\u00e9roule g\u00e9n\u00e9ralement autour de 980 \u00b0C. Elle rend l\u00a0\u00bbargile suffisamment solide pour \u00eatre manipul\u00e9e, tout en conservant une porosit\u00e9 utile \u00e0 l\u00a0\u00bbaccroche de la gla\u00e7ure. Apr\u00e8s refroidissement complet, chaque surface est inspect\u00e9e, d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9e et parfois l\u00e9g\u00e8rement ponc\u00e9e afin d\u00a0\u00bb\u00e9liminer les asp\u00e9rit\u00e9s qui pourraient perturber l\u00a0\u00bbapplication. Une pr\u00e9paration attentive permet de mieux contr\u00f4ler les zones brillantes, mates, nues ou craquel\u00e9es.<\/p>\n<ul>\n<li>Choisir une terre raku riche en chamotte et con\u00e7ue pour les chocs thermiques.<\/li>\n<li>Laisser s\u00e9cher la pi\u00e8ce \u00e0 c\u0153ur, sans acc\u00e9l\u00e9rer le processus pr\u00e8s d\u00a0\u00bbune source de chaleur.<\/li>\n<li>R\u00e9aliser un biscuitage voisin de 980 \u00b0C pour consolider la structure sans fermer totalement la porosit\u00e9.<\/li>\n<li>D\u00e9poussi\u00e9rer soigneusement avant d\u00a0\u00bbappliquer la gla\u00e7ure ou les oxydes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u00a0\u00bb\u00e9maillage constitue d\u00e9j\u00e0 une premi\u00e8re part d\u00a0\u00bbinterpr\u00e9tation. Les gla\u00e7ures raku sont formul\u00e9es pour fondre rapidement et r\u00e9agir aux conditions de r\u00e9duction qui suivront. Leur \u00e9paisseur, leur dilution et leur r\u00e9partition influencent directement le r\u00e9sultat. Une couche g\u00e9n\u00e9reuse peut donner une surface plus brillante et plus abondamment craquel\u00e9e, tandis qu\u00a0\u00bbune application plus fine laisse davantage appara\u00eetre la texture de la terre. Des oxydes min\u00e9raux, notamment des compos\u00e9s du fer, du cuivre ou du cobalt, peuvent \u00eatre ajout\u00e9s pour obtenir des effets bruns, verts, bleut\u00e9s, m\u00e9talliques ou iris\u00e9s. Le sulfate de fer heptahydrat\u00e9, par exemple, est utilis\u00e9 comme colorant r\u00e9actif dans les \u00e9maux et les engobes, avec des teintes qui varient selon la composition et l\u00a0\u00bbatmosph\u00e8re de cuisson, comme l\u00a0\u00bbexplique cette fiche sur le <a href=\"https:\/\/solargil.com\/matieres-premieres\/sulfate-de-fer\" target=\"_blank\">sulfate de fer pour c\u00e9ramique<\/a>.<\/p>\n<h2>L&rsquo;\u00e9quipement du potier et la mont\u00e9e rapide en temp\u00e9rature<\/h2>\n<p>Le four raku doit pouvoir monter rapidement en temp\u00e9rature, mais il doit surtout permettre une observation directe et un acc\u00e8s s\u00e9curis\u00e9 \u00e0 la pi\u00e8ce. Dans les ateliers ext\u00e9rieurs, le mod\u00e8le le plus courant fonctionne au gaz propane. Un br\u00fbleur puissant chauffe une chambre relativement compacte, souvent construite \u00e0 partir d\u00a0\u00bbun bidon m\u00e9tallique isol\u00e9 avec de la fibre c\u00e9ramique. Cette configuration l\u00e9g\u00e8re conserve une bonne efficacit\u00e9 thermique et autorise une mont\u00e9e vers 900 ou 1000 \u00b0C en un temps r\u00e9duit. La rapidit\u00e9 n\u00a0\u00bbest pas un simple confort. Elle limite la dur\u00e9e de cuisson et favorise le contraste entre la fusion de la gla\u00e7ure et le choc du d\u00e9fournement.<\/p>\n<p>Les installations varient selon la place disponible, le nombre de pi\u00e8ces \u00e0 cuire et l\u00a0\u00bbexp\u00e9rience du c\u00e9ramiste. Un petit four artisanal d\u00a0\u00bbenviron 60 \u00e0 70 litres convient \u00e0 des pi\u00e8ces uniques ou \u00e0 des s\u00e9ances d\u00a0\u00bbinitiation. Des mod\u00e8les proches de 100 litres offrent davantage de volume pour des vases, des bols ou de petites sculptures. Il existe aussi des fours \u00e9lectriques compacts, plus simples \u00e0 installer lorsque l\u00a0\u00bbusage du gaz est difficile, mais ils ne reproduisent pas exactement la conduite d\u00a0\u00bbune flamme et les possibilit\u00e9s de r\u00e9glage d\u00a0\u00bbun four propane. Les kits de construction destin\u00e9s au raku associent g\u00e9n\u00e9ralement isolation, br\u00fbleur, thermom\u00e8tre, pinces et \u00e9quipements de protection, mais la fibre c\u00e9ramique exige une manipulation rigoureuse avec masque adapt\u00e9 et v\u00eatements appropri\u00e9s.<\/p>\n<table>\n<tr>\n<th>Installation<\/th>\n<th>Atouts principaux<\/th>\n<th>Points de vigilance<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Four \u00e0 gaz propane compact<\/td>\n<td>Mont\u00e9e rapide, flamme r\u00e9glable, tradition du raku ext\u00e9rieur<\/td>\n<td>Ventilation, stockage du gaz et ma\u00eetrise de la combustion<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Four \u00e0 gaz de capacit\u00e9 moyenne<\/td>\n<td>Cuisson de plusieurs pi\u00e8ces et objets plus volumineux<\/td>\n<td>Consommation accrue et besoin d\u00a0\u00bbun espace d\u00e9gag\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Four \u00e9lectrique compact<\/td>\n<td>Branchement simplifi\u00e9 et contr\u00f4le r\u00e9gulier de la temp\u00e9rature<\/td>\n<td>Acc\u00e8s au d\u00e9fournement et effets d\u00a0\u00bbatmosph\u00e8re diff\u00e9rents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Four artisanal en bidon isol\u00e9<\/td>\n<td>Co\u00fbt ma\u00eetris\u00e9, l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et personnalisation<\/td>\n<td>Qualit\u00e9 de l\u00a0\u00bbisolation, s\u00e9curit\u00e9 et entretien du br\u00fbleur<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p>La temp\u00e9rature doit \u00eatre suivie avec attention, au moyen d\u00a0\u00bbun thermocouple ou d\u00a0\u00bbun pyrom\u00e8tre adapt\u00e9. Le chiffre affich\u00e9 ne suffit pas \u00e0 lui seul. La gla\u00e7ure doit avoir atteint son point de fusion, ce qui se reconna\u00eet aussi \u00e0 son aspect, \u00e0 son brillant et \u00e0 son comportement sur la pi\u00e8ce. Selon les recettes, le palier se situe souvent entre 950 et 1050 \u00b0C. Une cuisson trop courte laisse une surface poudreuse ou insuffisamment fondue, tandis qu\u00a0\u00bbune cuisson trop longue peut accentuer les d\u00e9formations et rendre le d\u00e9fournement plus risqu\u00e9. La surveillance du four exige donc un regard constant, une organisation claire autour de l\u00a0\u00bbaire de travail et des \u00e9quipements adapt\u00e9s, notamment des gants, des pinces longues, une protection du visage et des v\u00eatements non inflammables.<\/p>\n<h2>Le d\u00e9fournement incandescent et le choc thermique<\/h2>\n<p>Lorsque la gla\u00e7ure est fondue, le moment d\u00e9cisif approche. La porte du four s\u00a0\u00bbouvre et r\u00e9v\u00e8le une pi\u00e8ce incandescente, dont la surface peut sembler orange, jaune ou presque blanche selon l\u00a0\u00bb\u00e9clairage et la temp\u00e9rature. Le potier saisit alors l\u00a0\u00bbobjet avec des pinces m\u00e9talliques suffisamment longues et r\u00e9sistantes. Le geste doit \u00eatre ferme, lent et pr\u00e9cis. Une prise mal \u00e9quilibr\u00e9e peut marquer la terre, faire basculer la pi\u00e8ce ou exposer les mains et le visage \u00e0 une chaleur dangereuse. Le d\u00e9placement vers le contenant d\u00a0\u00bbenfumage doit \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 avant l\u00a0\u00bbouverture du four, avec la sciure, le couvercle et les outils d\u00e9j\u00e0 dispos\u00e9s.<\/p>\n<p>Le choc thermique agit sur deux mat\u00e9riaux qui ne r\u00e9agissent pas de la m\u00eame mani\u00e8re. La terre cuite se contracte rapidement lorsqu\u00a0\u00bbelle quitte le four, tandis que l\u00a0\u00bb\u00e9mail vitrifi\u00e9, solidifi\u00e9 en surface, poss\u00e8de son propre coefficient de dilatation. Cette diff\u00e9rence cr\u00e9e des tensions qui ouvrent un r\u00e9seau de micro-fissures, appel\u00e9 craquelure. Le ph\u00e9nom\u00e8ne peut \u00eatre discret ou tr\u00e8s sonore. De petits claquements, parfois semblables \u00e0 un cr\u00e9pitement de bois sec, accompagnent la naissance de la surface raku. Ces fissures ne sont pas des d\u00e9fauts accidentels \u00e0 dissimuler. Elles constituent une partie essentielle du langage de la pi\u00e8ce, tout comme les variations de couleur et les traces laiss\u00e9es par la flamme.<\/p>\n<h2>L&rsquo;enfumage r\u00e9ducteur et la r\u00e9v\u00e9lation des craquelures<\/h2>\n<p>\u00c0 peine sortie du four, la c\u00e9ramique est d\u00e9pos\u00e9e dans un r\u00e9cipient m\u00e9tallique contenant de la sciure de bois, des copeaux, des feuilles s\u00e8ches ou de petits v\u00e9g\u00e9taux. Le contact entre la pi\u00e8ce br\u00fblante et ce lit combustible d\u00e9clenche imm\u00e9diatement une combustion vive. Le contenant est ensuite couvert afin de ralentir l\u00a0\u00bbarriv\u00e9e d\u00a0\u00bbair. Cette privation d\u00a0\u00bboxyg\u00e8ne cr\u00e9e une atmosph\u00e8re r\u00e9ductrice, dans laquelle les r\u00e9actions chimiques de la gla\u00e7ure se poursuivent autrement que dans le four. La dur\u00e9e de l\u00a0\u00bbenfumage d\u00e9pend de l\u00a0\u00bbeffet recherch\u00e9, de la taille de la pi\u00e8ce, de la nature du combustible et de la recette d\u00a0\u00bb\u00e9mail.<\/p>\n<p>La fum\u00e9e s\u00a0\u00bbinfiltre dans les craquelures et dans les zones laiss\u00e9es volontairement sans gla\u00e7ure. Le carbone issu de la combustion se fixe alors dans ces failles, qui apparaissent noires apr\u00e8s nettoyage, tandis que les parties vitrifi\u00e9es conservent leurs tons clairs, color\u00e9s ou m\u00e9talliques. Les oxydes m\u00e9talliques participent fortement \u00e0 cette m\u00e9tamorphose. En atmosph\u00e8re r\u00e9ductrice, certains oxydes perdent une partie de leur oxyg\u00e8ne et changent d\u00a0\u00bb\u00e9tat, ce qui modifie les couleurs. Le fer peut produire des bruns, des ocres, des rouilles, des gris chauds ou parfois des nuances verd\u00e2tres. Le r\u00e9sultat d\u00e9pend de la composition de l\u00a0\u00bb\u00e9mail, de la quantit\u00e9 d\u00a0\u00bboxyde, de l\u00a0\u00bbintensit\u00e9 de la fum\u00e9e et de la rapidit\u00e9 des \u00e9tapes.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\">\n    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"477\" height=\"528\" src=\"https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-ceramic-raku-reduction-chamber-smoke-optimized.jpg\" alt=\"Trois vases en c\u00e9ramique aux couleurs iris\u00e9es et traces de fumage\" class=\"wp-image-249\" srcset=\"https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-ceramic-raku-reduction-chamber-smoke-optimized.jpg 477w, https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-ceramic-raku-reduction-chamber-smoke-optimized-271x300.jpg 271w\" sizes=\"auto, (max-width: 477px) 100vw, 477px\" \/><figcaption>Dans l\u00a0\u00bbatmosph\u00e8re r\u00e9ductrice, la fum\u00e9e transforme les craquelures et les oxydes en signatures uniques, r\u00e9v\u00e9lant toute la part d\u00a0\u00bbimpr\u00e9vu propre au raku.<\/figcaption><\/figure>\n<ol>\n<li>Pr\u00e9parer un contenant m\u00e9tallique stable, pos\u00e9 sur un sol d\u00e9gag\u00e9 et non combustible.<\/li>\n<li>Disposer la sciure et les v\u00e9g\u00e9taux secs avant le d\u00e9fournement, afin de limiter le temps d\u00a0\u00bbexposition de la pi\u00e8ce \u00e0 l\u00a0\u00bbair.<\/li>\n<li>D\u00e9poser la c\u00e9ramique avec les pinces, puis ajouter \u00e9ventuellement du combustible sur les zones \u00e0 enfumer davantage.<\/li>\n<li>Couvrir le r\u00e9cipient pour favoriser la r\u00e9duction, sans perdre de vue la ventilation et la s\u00e9curit\u00e9 contre l\u00a0\u00bbincendie.<\/li>\n<li>Laisser refroidir suffisamment avant la manipulation et le nettoyage, car la pi\u00e8ce peut conserver une chaleur importante.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette \u00e9tape demande une vigilance particuli\u00e8re. La fum\u00e9e peut \u00eatre dense, les braises rester actives et certains produits colorants n\u00e9cessitent une manipulation prudente. L\u00a0\u00bbenfumage doit se pratiquer en ext\u00e9rieur ou dans un espace con\u00e7u pour \u00e9vacuer les fum\u00e9es, loin des b\u00e2timents, des v\u00e9g\u00e9taux secs et des mati\u00e8res inflammables. Les pi\u00e8ces raku sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9coratives. La porosit\u00e9 r\u00e9siduelle, les \u00e9ventuelles limites de compatibilit\u00e9 alimentaire des gla\u00e7ures et la fragilit\u00e9 de certaines surfaces les destinent plut\u00f4t \u00e0 l\u00a0\u00bbornement qu\u00a0\u00bbau contact quotidien avec les aliments. Cette distinction permet de pr\u00e9server \u00e0 la fois l\u00a0\u00bbobjet et son usage juste.<\/p>\n<h2>Faire r\u00e9sonner la mati\u00e8re au contact de l&rsquo;impr\u00e9vu<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s le refroidissement, vient le nettoyage \u00e0 l\u00a0\u00bbeau claire. Une \u00e9ponge douce ou un chiffon retire la suie d\u00e9pos\u00e9e sur les parties vitrifi\u00e9es et r\u00e9v\u00e8le progressivement les contrastes. Le noir profond des craquelures se d\u00e9tache alors sur un blanc laiteux, un vert de cuivre, un bleu de cobalt, un gris m\u00e9tallique ou une surface parcourue de reflets. Le nettoyage ne cherche pas \u00e0 uniformiser la pi\u00e8ce. Il consiste plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9gager les traces essentielles de la cuisson, en conservant les marques de flamme et les irr\u00e9gularit\u00e9s qui donnent \u00e0 l\u00a0\u00bbobjet son relief.<\/p>\n<p>Le raku enseigne une mani\u00e8re particuli\u00e8re de travailler la mati\u00e8re. La pr\u00e9paration, la pr\u00e9cision des gestes et la connaissance des temp\u00e9ratures restent indispensables, mais elles ne suffisent pas \u00e0 imposer un r\u00e9sultat unique. Chaque pi\u00e8ce porte la m\u00e9moire de sa terre, de son \u00e9mail, du combustible employ\u00e9, de la circulation de l\u00a0\u00bbair et du moment exact o\u00f9 elle a quitt\u00e9 le feu. Cette imperfection po\u00e9tique rappelle la sensibilit\u00e9 du geste artisanal, une valeur profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les ateliers et les territoires de savoir-faire d\u00a0\u00bbAquitaine. Pour approcher cette technique dans de bonnes conditions, l\u00a0\u00bbexploration d\u00a0\u00bbun atelier de potier, d\u00a0\u00bbun stage encadr\u00e9 ou d\u00a0\u00bbune d\u00e9monstration locale permet d\u00a0\u00bbobserver les outils, de comprendre les r\u00e8gles de s\u00e9curit\u00e9 et de saisir toute la vivacit\u00e9 de cette cuisson. Le raku ne promet pas de reproduire parfaitement une forme, il offre mieux, une pi\u00e8ce singuli\u00e8re o\u00f9 la terre continue de raconter sa rencontre avec le feu et la fum\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;alchimie du feu et de la fum\u00e9e sur la terre cuite La cuisson raku ne se contente pas de transformer une pi\u00e8ce d\u00a0\u00bbargile en objet c\u00e9ramique. 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