{"id":254,"date":"2026-09-16T09:00:00","date_gmt":"2026-09-16T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/?p=254"},"modified":"2026-09-16T09:00:00","modified_gmt":"2026-09-16T08:00:00","slug":"la-poterie-de-sadirac-histoire-dun-centre-ceramique-medieval-en-entre-deux-mers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/?p=254","title":{"rendered":"La poterie de Sadirac : histoire d&rsquo;un centre c\u00e9ramique m\u00e9di\u00e9val en Entre-deux-Mers"},"content":{"rendered":"<h2>L&rsquo;or bleu enfoui sous les coteaux de l&rsquo;Entre-deux-Mers<\/h2>\n<p>Entre les vallons bois\u00e9s, les vignes et les chemins qui relient les villages de l&rsquo;Entre-deux-Mers, Sadirac conserve la m\u00e9moire d&rsquo;une activit\u00e9 longtemps essentielle \u00e0 la vie quotidienne. Sous les terres brunes et les talus couverts de v\u00e9g\u00e9tation se trouve une mati\u00e8re discr\u00e8te, mais d\u00e9cisive, une argile bleue particuli\u00e8rement plastique, assez souple pour \u00eatre fa\u00e7onn\u00e9e, assez r\u00e9guli\u00e8re pour supporter la cuisson et assez abondante pour nourrir une v\u00e9ritable \u00e9conomie locale. Ce mat\u00e9riau a donn\u00e9 au village bien davantage qu&rsquo;une sp\u00e9cialit\u00e9 artisanale. Il a contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner son paysage, ses m\u00e9tiers, ses \u00e9changes et son identit\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e8s le Moyen \u00c2ge, la proximit\u00e9 de Bordeaux, les for\u00eats destin\u00e9es au combustible et les cours d&rsquo;eau n\u00e9cessaires au travail de la terre ont permis \u00e0 Sadirac de devenir un foyer potier majeur. L&rsquo;histoire locale, document\u00e9e par le <a href=\"https:\/\/www.mairie-sadirac.fr\/maison-de-la-poterie-presentation-du-fond-archeologique\/\" target=\"_blank\">fonds arch\u00e9ologique de Sadirac<\/a>, raconte ainsi le passage d&rsquo;une production rurale destin\u00e9e aux besoins domestiques \u00e0 une organisation manufacturi\u00e8re tourn\u00e9e vers les march\u00e9s r\u00e9gionaux et atlantiques. Dans cette commune girondine, la terre de l&rsquo;Entre-deux-Mers a aliment\u00e9 les maisons, les chais, les navires et les comptoirs, jusqu&rsquo;\u00e0 devenir un patrimoine vivant transmis par les collections et les ateliers contemporains.<\/p>\n<h2>La g\u00e9ologie singuli\u00e8re d&rsquo;un terroir d&rsquo;argile et de for\u00eats<\/h2>\n<p>La r\u00e9ussite poti\u00e8re de Sadirac ne tient pas au hasard. Elle repose d&rsquo;abord sur une g\u00e9ologie favorable, issue des formations s\u00e9dimentaires tertiaires qui composent une partie des coteaux de l&rsquo;Entre-deux-Mers. Dans certains secteurs, les couches argileuses livrent une mati\u00e8re d&rsquo;une grande finesse, naturellement grasse et fortement plastique. Pour le potier, cette qualit\u00e9 est d\u00e9terminante. L&rsquo;argile doit pouvoir \u00eatre p\u00e9trie sans se fissurer, monter sur le tour sans s&rsquo;effondrer et conserver sa forme pendant le s\u00e9chage. Une terre trop sableuse manque de coh\u00e9sion, tandis qu&rsquo;une terre trop riche en \u00e9l\u00e9ments fins peut se r\u00e9tracter fortement au feu. L&rsquo;argile sadiracaise offrait un \u00e9quilibre particuli\u00e8rement recherch\u00e9.<\/p>\n<p>La teinte bleut\u00e9e observ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extraction ne pr\u00e9juge pas n\u00e9cessairement de la couleur finale des pi\u00e8ces. Apr\u00e8s s\u00e9chage, pr\u00e9paration, cuisson et \u00e9ventuellement application d&rsquo;une gla\u00e7ure, la mati\u00e8re pouvait prendre des nuances rouges, brunes, cr\u00e8me ou orang\u00e9es. La texture, elle, restait au c\u0153ur du savoir-faire. Les artisans connaissaient les diff\u00e9rences entre les veines, s\u00e9lectionnaient les terres et ajustaient leur pr\u00e9paration en fonction de la forme recherch\u00e9e. La mati\u00e8re premi\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait donc pas simplement pr\u00e9lev\u00e9e puis fa\u00e7onn\u00e9e. Elle \u00e9tait lav\u00e9e, d\u00e9cant\u00e9e, d\u00e9barrass\u00e9e de ses impuret\u00e9s et longuement travaill\u00e9e avant d&rsquo;entrer dans l&rsquo;atelier.<\/p>\n<p>Le sous-sol n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;une alchimie territoriale plus large. Les environs de Sadirac disposaient \u00e9galement de ressources foresti\u00e8res importantes, indispensables \u00e0 l&rsquo;alimentation des fours. Une cuisson r\u00e9guli\u00e8re exigeait du bois sec, disponible en quantit\u00e9 et capable de maintenir une temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e pendant plusieurs heures. Les cours d&rsquo;eau, quant \u00e0 eux, intervenaient dans la d\u00e9cantation de l&rsquo;argile, son lavage et son p\u00e9trissage. Cette combinaison de terre grasse, d&rsquo;eau et de combustible expliquait la concentration des ateliers dans le secteur.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La terre<\/strong> fournissait une argile plastique adapt\u00e9e au tournage et au modelage.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;eau<\/strong> permettait de nettoyer, d\u00e9canter et pr\u00e9parer la mati\u00e8re premi\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>La for\u00eat<\/strong> alimentait les fours \u00e0 bois et rendait possibles les cuissons prolong\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>La proximit\u00e9 de Bordeaux<\/strong> ouvrait un d\u00e9bouch\u00e9 commercial majeur aux productions locales.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>L&rsquo;essor m\u00e9di\u00e9val d&rsquo;une capitale poti\u00e8re aux portes de Bordeaux<\/h2>\n<p>\u00c0 partir du XIVe si\u00e8cle, Sadirac voit se structurer une communaut\u00e9 de potiers dont l&rsquo;activit\u00e9 r\u00e9pond aux besoins croissants de Bordeaux et de son arri\u00e8re-pays. La ville portuaire consomme alors de grandes quantit\u00e9s de r\u00e9cipients pour la cuisine, la conservation, le transport et le commerce. Dans les campagnes, les foyers ont besoin de vaisselle robuste et accessible. Les exploitations agricoles recherchent des jarres, des pots et des contenants pour les r\u00e9coltes, les graisses, les boissons ou les pr\u00e9parations alimentaires. La poterie devient ainsi un secteur permanent, distinct des activit\u00e9s paysannes saisonni\u00e8res, m\u00eame si de nombreux artisans restent li\u00e9s \u00e0 la terre et aux rythmes ruraux.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution transforme progressivement l&rsquo;organisation du travail. L&rsquo;extraction et la pr\u00e9paration de l&rsquo;argile, le tournage, le s\u00e9chage, l&rsquo;engobage, l&rsquo;\u00e9maillage et la cuisson constituent des \u00e9tapes compl\u00e9mentaires, parfois r\u00e9parties entre plusieurs membres d&rsquo;une m\u00eame famille ou d&rsquo;un m\u00eame r\u00e9seau d&rsquo;ateliers. La ma\u00eetrise du four repr\u00e9sente une comp\u00e9tence particuli\u00e8rement sensible, car une cuisson mal conduite peut d\u00e9truire une production enti\u00e8re. Les communaut\u00e9s de m\u00e9tier et les solidarit\u00e9s professionnelles facilitent la transmission des gestes, l&rsquo;acc\u00e8s aux mati\u00e8res premi\u00e8res et la commercialisation. Au XVIIIe si\u00e8cle, jusqu&rsquo;\u00e0 150 familles de potiers auraient prosp\u00e9r\u00e9 \u00e0 Sadirac, ce qui donne la mesure de cette sp\u00e9cialisation.<\/p>\n<p>La production ne se limitait pas \u00e0 une seule forme de vaisselle. Elle r\u00e9pondait \u00e0 des usages pr\u00e9cis et \u00e0 des client\u00e8les diff\u00e9rentes. Les pi\u00e8ces courantes devaient \u00eatre solides, empilables et relativement peu co\u00fbteuses. D&rsquo;autres objets, plus soign\u00e9s, t\u00e9moignaient d&rsquo;une recherche d\u00e9corative ou technique. Les fouilles pr\u00e9sent\u00e9es par la <a href=\"https:\/\/www.gironde-tourisme.com\/patrimoine-culturel\/maison-de-la-poterie\/\" target=\"_blank\">Maison de la Poterie de Sadirac<\/a> montrent la diversit\u00e9 de cette production, du r\u00e9cipient de cuisine \u00e0 la lampe \u00e0 huile ing\u00e9nieuse, en passant par des formes adapt\u00e9es \u00e0 la conservation et au service.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\">\n    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1620\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-medieval-clay-pottery-optimized.jpg\" alt=\"Pots et vases en terre cuite align\u00e9s sur des \u00e9tag\u00e8res en bois\" class=\"wp-image-253\" srcset=\"https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-medieval-clay-pottery-optimized.jpg 1620w, https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-medieval-clay-pottery-optimized-300x200.jpg 300w, https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-medieval-clay-pottery-optimized-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-medieval-clay-pottery-optimized-768x512.jpg 768w, https:\/\/terresdaquitaine.com\/wp-content\/uploads\/sites\/63\/2026\/09\/selected-02-medieval-clay-pottery-optimized-1536x1024.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1620px) 100vw, 1620px\" \/><figcaption>\u00c0 Sadirac, la diversit\u00e9 des formes t\u00e9moigne d&rsquo;une production pens\u00e9e pour accompagner les gestes quotidiens, de la pr\u00e9paration des aliments \u00e0 leur conservation.<\/figcaption><\/figure>\n<table>\n<tr>\n<th>Type de r\u00e9cipient<\/th>\n<th>Usage principal<\/th>\n<th>Qualit\u00e9s recherch\u00e9es<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00c9cuelle<\/td>\n<td>Repas quotidiens et service des aliments<\/td>\n<td>Solidit\u00e9, stabilit\u00e9 et fabrication rapide<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cruche<\/td>\n<td>Transport et service de l&rsquo;eau ou du vin<\/td>\n<td>\u00c9tanch\u00e9it\u00e9, prise en main et r\u00e9sistance<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Jarre<\/td>\n<td>Conservation des denr\u00e9es<\/td>\n<td>Volume important et parois robustes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Forme \u00e0 sucre<\/td>\n<td>Raffinage et \u00e9gouttage du sucre<\/td>\n<td>Forme r\u00e9guli\u00e8re, porosit\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e et endurance au travail<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h2>La poterie utilitaire sadiracaise \u00e0 la conqu\u00eate des routes de l&rsquo;Atlantique<\/h2>\n<p>La notori\u00e9t\u00e9 de Sadirac s&rsquo;explique aussi par le caract\u00e8re profond\u00e9ment utilitaire de ses productions. Les potiers fabriquent des objets destin\u00e9s \u00e0 servir, \u00e0 conserver et \u00e0 transporter. Les \u00e9cuelles accompagnent les repas, les cruches circulent entre la fontaine et la maison, les jarres prot\u00e8gent les r\u00e9serves et les r\u00e9cipients de cuisson passent directement du foyer \u00e0 la table. Cette production quotidienne, souvent modeste en apparence, constitue pourtant l&rsquo;une des infrastructures mat\u00e9rielles des soci\u00e9t\u00e9s anciennes. Sans contenants fiables, il devient difficile de stocker les c\u00e9r\u00e9ales, les liquides, les salaisons ou les pr\u00e9parations destin\u00e9es \u00e0 durer.<\/p>\n<p>Certains objets relient directement Sadirac \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie coloniale et maritime. Les formes \u00e0 sucre, con\u00e7ues pour le raffinage, comptent parmi les productions les plus embl\u00e9matiques de cette ouverture commerciale. Dans les raffineries, ces r\u00e9cipients coniques participent \u00e0 l&rsquo;\u00e9gouttage et \u00e0 la purification du sucre. Leur fabrication en s\u00e9rie illustre la capacit\u00e9 des ateliers sadiracais \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des commandes sp\u00e9cialis\u00e9es, au-del\u00e0 des besoins du voisinage. Les poteries pouvaient \u00e9galement fournir la flotte marchande bordelaise en contenants pour l&rsquo;eau douce, les vivres, les huiles et divers produits embarqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Le parcours des marchandises suivait une logique compl\u00e9mentaire entre campagne et port. Les pi\u00e8ces quittaient les ateliers par les chemins terrestres, rejoignaient les zones de chargement de la Garonne, puis gagnaient Bordeaux et les cales du port de la Lune. De l\u00e0, elles pouvaient partir vers les \u00eeles atlantiques, les ports europ\u00e9ens et les circuits du commerce maritime. Cette circulation ne signifie pas que chaque pi\u00e8ce parcourait n\u00e9cessairement de longues distances, mais elle r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;int\u00e9gration de Sadirac dans un r\u00e9seau \u00e9conomique beaucoup plus vaste que son territoire communal.<\/p>\n<ul>\n<li>Les ateliers extrayaient et pr\u00e9paraient l&rsquo;argile localement.<\/li>\n<li>Les potiers fa\u00e7onnaient des s\u00e9ries adapt\u00e9es aux besoins domestiques et commerciaux.<\/li>\n<li>Les voituriers acheminaient les productions vers Bordeaux et les points d&#8217;embarquement.<\/li>\n<li>Les n\u00e9gociants redistribuaient ensuite les contenants sur les routes fluviales et atlantiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette cha\u00eene logistique reliait ainsi les coteaux bois\u00e9s de l&rsquo;Entre-deux-Mers aux \u00e9changes de l&rsquo;oc\u00e9an. Elle montre que l&rsquo;artisanat rural n&rsquo;\u00e9tait pas isol\u00e9, mais capable de s&rsquo;ins\u00e9rer dans les grands march\u00e9s de l&rsquo;\u00e9poque gr\u00e2ce \u00e0 la qualit\u00e9 de sa mati\u00e8re et \u00e0 la r\u00e9gularit\u00e9 de ses ateliers.<\/p>\n<h2>Geste ancestral et m\u00e9moire vivante \u00e0 la Maison de la Poterie<\/h2>\n<p>Le travail du potier repose sur une succession de gestes pr\u00e9cis, dont la lenteur contraste avec la rapidit\u00e9 des objets produits en s\u00e9rie industrielle. Apr\u00e8s l&rsquo;extraction, l&rsquo;argile est mise \u00e0 reposer, lav\u00e9e et d\u00e9barrass\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments ind\u00e9sirables. Elle est ensuite p\u00e9trie afin d&rsquo;obtenir une p\u00e2te homog\u00e8ne, d\u00e9barrass\u00e9e des bulles d&rsquo;air. Sur le tour, le potier centre la motte, ouvre la forme, \u00e9l\u00e8ve les parois et affine le profil avec les doigts, une est\u00e8que ou un outil de bois. Le s\u00e9chage doit rester progressif afin d&rsquo;\u00e9viter les tensions qui provoquent les fentes.<\/p>\n<p>Vient ensuite la finition, avec l&rsquo;application \u00e9ventuelle d&rsquo;un engobe ou d&rsquo;une gla\u00e7ure. Les gla\u00e7ures plombif\u00e8res, historiquement employ\u00e9es pour rendre certaines surfaces plus \u00e9tanches et plus brillantes, n\u00e9cessitaient une grande ma\u00eetrise des dosages et de la cuisson. Dans les grands fours \u00e0 bois, la temp\u00e9rature \u00e9voluait selon la circulation de la flamme, la disposition des pi\u00e8ces et l&rsquo;ajout r\u00e9gulier de combustible. Une cuisson r\u00e9ussie d\u00e9pendait autant de l&rsquo;exp\u00e9rience que de l&rsquo;observation attentive des couleurs du feu, des fum\u00e9es et du comportement des parois.<\/p>\n<p>La Maison de la Poterie prolonge cette histoire autour des vestiges d&rsquo;un four du XIXe si\u00e8cle. Le site rassemble un mus\u00e9e, un espace arch\u00e9ologique et des ateliers. Sa collection permanente compte plus de 200 vases et c\u00e9ramiques issus de fouilles men\u00e9es localement par Pierre R\u00e9galdo, avec des pi\u00e8ces dat\u00e9es du XIVe au XIXe si\u00e8cle. Les objets permettent de suivre l&rsquo;\u00e9volution des formes, des usages et des finitions, tandis que les supports audiovisuels rendent les gestes du tournage plus accessibles aux visiteurs.<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Observer le lieu de cuisson<\/strong> pour comprendre la place du four dans l&rsquo;organisation d&rsquo;un atelier ancien.<\/li>\n<li><strong>Examiner les collections<\/strong> afin de comparer les r\u00e9cipients culinaires, les objets domestiques et les pi\u00e8ces sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9couvrir les reconstitutions<\/strong>, notamment le tour \u00e0 rouet du XVIe si\u00e8cle et le tour \u00e0 p\u00e9dale des ann\u00e9es 1930.<\/li>\n<li><strong>Prolonger la visite par un atelier<\/strong> pour mesurer concr\u00e8tement la r\u00e9sistance, l&rsquo;humidit\u00e9 et la plasticit\u00e9 de la terre.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette transmission se poursuit aujourd&rsquo;hui dans les ateliers de c\u00e9ramique de l&rsquo;Entre-deux-Mers. Des structures comme <a href=\"https:\/\/www.dilj.fr\/\" target=\"_blank\">DILJ C\u00e9ramique pr\u00e8s de Bordeaux<\/a> proposent des cours, des stages et des s\u00e9ances familiales autour du modelage, du tournage et de l&rsquo;\u00e9maillage. Ces pratiques contemporaines ne reproduisent pas \u00e0 l&rsquo;identique la production ancienne, mais elles en conservent l&rsquo;essentiel, le contact direct avec la mati\u00e8re, l&rsquo;acceptation du temps de s\u00e9chage et la compr\u00e9hension du feu. Elles ouvrent aussi la voie \u00e0 une cr\u00e9ation plus personnelle, o\u00f9 la tradition locale dialogue avec le design et les usages actuels.<\/p>\n<h2>Faire r\u00e9sonner la terre cuite dans les paysages d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire de Sadirac rappelle qu&rsquo;un savoir-faire ne na\u00eet jamais d&rsquo;une mati\u00e8re isol\u00e9e. Il r\u00e9sulte d&rsquo;un ensemble de conditions r\u00e9unies dans un m\u00eame territoire, une argile adapt\u00e9e, de l&rsquo;eau, du bois, des routes commerciales, des march\u00e9s proches et des g\u00e9n\u00e9rations capables de transmettre les gestes. Pendant plusieurs si\u00e8cles, les potiers ont donn\u00e9 une forme concr\u00e8te aux besoins de l&rsquo;Entre-deux-Mers et de Bordeaux. Leurs r\u00e9cipients ont accompagn\u00e9 les repas, les r\u00e9serves, les \u00e9changes et les voyages, tout en inscrivant l&rsquo;artisanat dans la g\u00e9ographie quotidienne du pays.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9couvrir cet h\u00e9ritage, la Maison de la Poterie constitue un point de d\u00e9part privil\u00e9gi\u00e9. La visite peut se prolonger par les chemins de traverse de Sadirac, les paysages vallonn\u00e9s, les traces des anciens ateliers et les initiatives contemporaines de cr\u00e9ation. Entre vestiges de fours, collections arch\u00e9ologiques et ateliers ouverts aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, la commune montre qu&rsquo;une tradition ancienne peut rester active sans \u00eatre fig\u00e9e. Dans la Gironde actuelle, la c\u00e9ramique retrouve ainsi une place sensible, \u00e0 la crois\u00e9e du patrimoine, de l&rsquo;artisanat d&rsquo;art et d&rsquo;un design attentif aux mati\u00e8res locales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;or bleu enfoui sous les coteaux de l&rsquo;Entre-deux-Mers Entre les vallons bois\u00e9s, les vignes et les chemins qui relient les villages de l&rsquo;Entre-deux-Mers, Sadirac conserve la m\u00e9moire d&rsquo;une activit\u00e9 longtemps essentielle \u00e0 la vie quotidienne. Sous les terres brunes et les talus couverts de v\u00e9g\u00e9tation se trouve une mati\u00e8re discr\u00e8te,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":82,"featured_media":252,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-254","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-le-guide"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/254","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/82"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=254"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/254\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/252"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=254"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=254"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdaquitaine.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}